Étude nationale sur l’allaitement maternel 2014

Information aux médias, 24 mars 2015

Les mères qui sont soutenues allaitent plus longtemps
L’allaitement maternel est pratiqué par un grand nombre de femmes qui ont accouché en Suisse, mais sa durée ne satisfait pas aux recommandations. L’étude d’allaitement 2014, publiée par la Confédération le 24 mars, confirme les résultats d’enquêtes antérieures. Elle montre en outre que durant les premiers mois de vie, les nouveau-nés sont allaités de manière plus conséquente qu’il y a dix ans et que les conditions-cadre favorables peuvent avoir une influence positive sur la durée de l’allaitement. Même si les résultats des recherches démontrent des progrès encourageants, la Fondation suisse pour la Promotion de l’Allaitement maternel estime qu’il est essentiel de conti-nuer à lutter pour la création d’un environnement favorable à l’allaitement. Un besoin d’améliorations existe notamment dans le monde du travail.

La volonté d’allaiter est largement répandue en Suisse. Près de 95 % des mères le font juste après l’accouchement. Il faut toutefois constater qu’elles sèvrent en moyenne après 31 semaines déjà, une durée que les organisations spécialisées considèrent comme loin d’être optimale pour la santé des nouveau-nés. Les constats sont à peu près les mêmes qu’il y a dix ans. C’est ce qui ressort de l’étude nationale sur l’alimentation et la santé des nourrissons au cours de la première année de vie, réalisée pour la troisième fois après 1994 et 2003. Une légère augmentation a été observée en ce qui concerne la durée moyenne pendant laquelle les nouveau-nés sont exclusivement nourris au sein. À la différence de l’année 2003, ils ne reçoivent aujourd’hui pratiquement jamais d’autres aliments avant le cinquième mois. La Fondation suisse pour la Promotion de l’Allaitement maternel (Fondation Allaitement) constate ainsi des progrès encourageants. D’autres améliorations sont pourtant nécessaires, notamment dans le but d’empêcher les mères à sevrer trop tôt. Selon les résultats de l’enquête, 35 % des nourrissons ne reçoivent plus de lait maternel après le quatrième mois de vie ; ce taux est de 75 % après le neuvième mois, ce qui représente même une augmentation par rapport à 2003. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de nourrir les enfants exclusivement au sein pendant six mois et de poursuivre l’allaitement, tout en introduisant successivement d’autres aliments, jusqu’à l’âge de deux ans, voire plus. Les pédiatres suisses soutiennent cette recommandation, en précisant que pour certains enfants, l’introduction individuelle d’aliments supplémen-taires est possible dès le cinquième mois.

L’enquête réalisée sur mandat de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a en outre démontré que la durée de l’allaitement varie fortement selon l’âge de la mère, le niveau de formation et l’activité professionnelle des parents, l’attitude du père et l’origine géographique et culturelle. Une durée en dessous de la moyenne est observée, par exemple, chez les très jeunes mères, les mères élevant seules leur enfant et celles qui poursuivent un travail rémunéré, mais aussi chez les mères en Suisse romande et celles originaires des Balkans. Une mère plus âgée ou qui a un partenaire, des parents avec un niveau de formation élevé et de pères qui adoptent une position favorable à l’allaitement sont par contre des fac-teurs qui contribuent à un allaitement prolongé. À l’instar des enquêtes précédentes, la nouvelle étude indique que les enfants nés dans des hôpitaux favorables à l’allaitement maternel sont nourris au sein plus longtemps que les autres. Les établissements qui por-tent le label « Hôpital Ami des Bébés » s’engagent à créer des conditions-cadre particulièrement propices au bien-être des nouveau-nés et de leurs parents.

Le monde du travail prend une importance grandissante
À l’avis de la Fondation Allaitement, les résultats de l’étude indiquent que les mères qui sont encouragées dans leur volonté d’allaiter – par le père, leur entourage privé, le per-sonnel des hôpitaux, les spécialistes ou au travail – ont de meilleures chances de mettre en pratique cette intention durant une période prolongée. Par conséquent, elle estime primordial d’adopter une position favorable à l’allaitement et de mettre en place les struc-tures et mesures appropriées. Le monde du travail va prendre une influence grandissante parce que les mères rentrent plus tôt à leur place de travail qu’en 2003, et ce souvent avec des taux d’emploi plus élevés. Une mère sur quatre a mentionné le fait de ne pas pouvoir concilier travail et allaitement comme une raison du sevrage précoce. Parmi les mères exerçant une activité professionnelle, une femme sur dix seulement a déclaré avoir été informée par l’employeur de ses droits en tant que mère allaitante. Tous ces constats met-tent en évidence l’important potentiel d’améliorations qui subsiste, notamment en ce qui concerne l’attitude des collègues, supérieurs et supérieures envers l’allaitement ainsi que le soutien apporté par les employeurs, par exemple en mettant à disposition des mères qui allaitent des localités appropriées. Des effets positifs peuvent toutefois être attendus de la révision de la loi sur le travail et des nouvelles dispositions relatives à la rémunéra-tion des pauses d’allaitement, entrées en vigueur le 1er juin 2014 et donc après la réalisa-tion de l’enquête. La conciliation entre allaitement et travail sera d’ailleurs le thème de la semaine mondiale de l’allaitement maternel de cette année, qui aura lieu du 12 au 19 septembre.

Des bénéfices pour la santé de la mère et de l’enfant
L’influence positive de l’allaitement sur la santé de la mère et de l’enfant n’est plus à dé-montrer. Il est recommandé dans tous les conseils nutritionnels des associations spécialisées et de l’OMS. Les troubles de la santé sont moins fréquents dans la première année de vie chez les enfants qui sont allaités. Les mères qui allaitent présentent un moindre risque de développer certaines maladies et retrouvent plus rapidement leur poids normal après l’accouchement.

Des informations complémentaires sont disponibles sur www.allaiter.ch.
Étude « Alimentation et santé des nourrissons au cours de la première année de vie »
Note de synthèse

Informations :
Fondation Allaitement 031 381 49 66 contact@stiftungstillen.ch





 
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